Étude de cas – Les troubles neuro-cognitifs majeurs

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Cette histoire est tirée de mes expériences professionnelles comme travailleur social dans un CLSC.

  • Maurice A., un homme veuf de 85 ans
  • A été directeur d’école pendant 30 ans
  • Vit seul dans sa maison (dont il est le propriétaire) 
  • Sa conjointe Agathe est décédée en 2008
  • Auparavant, Agathe, sa conjointe, s’occupait de l’ensemble de la gestion financière dans la maisonnée.
  • Père de deux filles mariées : Anne 60 ans et Juliette 59 ans 
  • Propriétaire de sa maison, a des placements et de bons revenus mensuels
  • En 2000, il a signé un mandat de protection (ou anciennement en cas d’inaptitude) – désignant sa femme et comme remplaçante sa fille Juliette.

Depuis le décès de sa conjointe, en 2008, il s’occupe de l’ensemble des finances de la maisonnée (paiement de comptes, gestion des avoirs, etc.) et également d’un ménage, des repas et des commissions. Dans les dernières années, ses filles ont observé des changements dans la maison de leur père (déchets accumulés, aliments périmés, etc.) et également eu des communications avec les différents services (Vidéotron, taxes, etc.) en lien avec des comptes non-payés.

Ses filles sont inquiètes de la situation. Elles abordent la question avec leur père qui minimise les difficultés. « Je vais m’en occuper, laisse-moi tranquille ». Les difficultés se poursuivent, les comptes s’accumulent et l’état de la maison se détériore. Elles réussissent, de peine et de misère, à rétablir la situation financière grâce à une procuration bancaire signée quelques années plus tôt.

Puis, un jour, Maurice se présente à l’institution financière pour retirer une grosse somme d’argent. Le préposé au comptoir le questionne par rapport à son compte et les motifs de son retrait. Maurice est confus et n’est pas en mesure de répondre aux questions. La responsable de l’institution financière communique avec les filles du client et les informe de la présente situation. Elle avise ses filles d’un doute quant à son aptitude à gérer ses finances et leur mentionne que les comptes vont être gelés et que les procurations bancaires seront suspendues jusqu’à réception d’une évaluation médicale démontrant l’aptitude du client.

Quelques semaines plus tard, à la demande des filles, le notaire envoie une demande d’évaluation à son médecin de famille et à sa travailleuse sociale. À la suite d’une évaluation, le médecin fait une déclaration d’inaptitude totale aux biens et partielle à la personne. Par la suite, la travailleuse sociale fait également son évaluation et son opinion concorde avec celle du médecin.

Étant donné les délais associés à l’homologation du mandat, la responsable de l’institution financière avec l’aide des filles et de Maurice, qui est d’accord avec le processus, régularise la situation (retraits préautorisés par exemple) le temps que le processus légal soit terminé. Maurice mentionne à ses filles qu’il n’était plus capable de s’occuper de ses affaires, mais qu’il avait honte d’en parler.

Finalement, les filles se sentent en sécurité, leur père a accepté les services à son domicile (ménage par exemple), ses filles assurent un suivi régulier et il continue de vivre dans sa maison pour son plus grand bonheur. Cette expérience a permis au père et à leurs filles de se rapprocher.